Partager

 
 
 
 

État critique, critique de l´État, l’État contre la critique. La société contre l'État, ou bien l'État contre la société, pour renverser la formule emblématique de Pierre Clastres. En pleine crise sanitaire, l'État s'impose, s'absente, se dévoile, réglemente, surveille, punit, mesure. Face aux questionnements radicaux provoqués par la crise sanitaire sur les relations entre corps et lieux, présences et absences, sujet et État, COYOTE a constitué durant le confinement du printemps 2020 un groupe d'étude à distance, qui trace une généalogie critique de l'État à travers une bibliographie partagée et des lectures collectives.

À l’invitation de La Semeuse, le collectif propose deux cycles qui poursuivent ces échanges : une présence cet automne en ligne et sur les ondes de « r22 Tout-monde », la webradio des arts et du commun, suivit d’une semaine de résidence aux Laboratoires d’Aubervilliers au printemps 2021.

Penser une société en dehors de l'État, qui refuse l'unification du pouvoir et l'aliénation de la production avec Pierre Clastres et Eduardo Viveiros de Castro ; dénaturaliser la forme étatique en enquêtant sur la réalité épidémiologique et coercitive de sa construction avec James C. Scott ; opérer une radiographie psychédélique de l’État en tant qu'entité fétiche des sociétés modernes avec Michael Taussig ; désensorceler la machine capitaliste comme « sorcellerie sans sorciers » avec Isabelle Stengers et Philippe Pignarre ; penser l'État à partir de sa forme primaire : la plantation avec Malcom Ferdinand ; fuir l'État vers un « pays en dehors » peuplé de visions et de délire avec Olivier Marboeuf.

 




COYOTE est un collectif à géométrie variable, une coopération entre des êtres et des affects, la cristallisation de zones d’affinités. Initié par Tristan Bera, Nuno da Luz, Elida Høeg, Clémence Seurat et Ana Vaz à l’issue de leur expérience commune à l’École des Arts Politiques dirigée par Bruno Latour à SciencesPo Paris, le collectif travaille sur l’intersectionnalité comme sujet et format, à partir de formes conceptuelles et expérimentales élargies : édition, cinéma, conversation performée. Chaque année depuis 2015, COYOTE suit la piste de l’un·e de ses membres pour explorer une nouvelle territorialité à travers un travail d’enquête situé. Le collectif a présenté son travail dans des institutions culturelles comme le Théâtre Nanterre-Amandiers, Khiasma (Paris), Syntax (Lisbonne), BAR Project (Barcelone), le Centre culturel suisse (Paris). En 2019, COYOTE a participé à la 9e édition de la Biennale Contour (Belgique) placée sous le commissariat de Nataša Petrešin-Bachelez. Le collectif sera en résidence à La Becque, en Suisse, en 2021.

Olivier Marboeuf est auteur, conteur, commissaire d'exposition indépendant et fondateur du centre d'art Espace Khiasma qu'il a dirigé de 2004 à 2018 aux Lilas (Seine-Saint-Denis). Il y a développé un programme centré sur des questions de représentations minoritaires qui associait expositions, projections, débats, performances et projets collaboratifs sur le territoire du Nord-Est parisien. S’intéressant aux différentes modalités de transmission des savoirs, les propositions d’Olivier Marboeuf sont largement traversées par des pratiques de conversations qui tentent de créer des situations éphémères de culture. Il explore notamment la forme de la veillée. Son intérêt pour le récit en art l’a amené à développer un travail spécifique d’accompagnement d’artistes impliqués dans les pratiques du film. Il est aujourd’hui producteur au sein de la maison de production Spectre basée à Rennes. Parallèlement, il développe des textes de fiction et des recherches théoriques autour des pratiques décoloniales dans le champ de la culture et du corps comme espace d’archive. Il publie régulièrement ses travaux en cours sur le blog Toujours Debout.

Nataša Petrešin-Bachelez est commissaire d’exposition interdépendante ainsi qu’éditrice et auteure. Ses récents projets d’expositions comprennent : Contour Biennale 9: Coltan as Cotton (Mechelen/Malines, 2019) ; Defiant Muses: Delphine Seyrig and the Feminist Video Collectives in France (1970s-1980s) au LaM (Villeneuve-d'Ascq) et au Musée Reina Sofia (Madrid, 2019) avec Giovanna Zapperi ; Montrez-moi vos archives et je vous dirai qui est au pouvoir au Kiosk (Gand, 2017) avec Wim Waelput ; Parlons de la météo au Musée Sursock (Beyrouth, 2016) et au Times Museum, (Guangzhou, 2018) avec Nora Razian ; Resilience dans le cadre de la Triennale d'art contemporain en Slovénie au MSUM (Ljubljana, 2013). Elle a été codirectrice des Laboratoires d'Aubervilliers (2010-2012). Elle est actuellement rédactrice en chef de Versopolis Review après l'avoir été du Manifesta Journal (2012-2014) et de L'Internationale Online (2014-2017). Elle est commissaire du projet Not Fully Human, Not Human at All, organisé par KADIST (2017-2020). En 2020, Nataša Petrešin-Bachelez co-fonde avec Elena Sorokina Initiative for practices and visions of radical care, une initiative conçue pendant le confinement lié au Covid-19 qui soutient les pratiques artistiques liées au soin, à la solidarité et à l’intersectionnalité.

La r22 Tout-monde est une webradio lancée en juin 2014 par Khiasma, plateforme culturelle et centre d’art basé aux Lilas (93), en proche banlieue de Paris. Elle met en circulation et en partage des documents sonores de tous formats, produits par un ensemble de contributeurs de par le monde. Ces documents sont pensés comme des archives vivantes et des ressources pour l’action : conférences, performances, débats, lectures mais aussi création sonore peuplent chaque mois les antennes de cette radio du
« Tout-monde ».