GWÉNAËL MORIN / 2006

Photo Marc Domage
Gwénaël Morin est né en 1969. Il a suivi des études d’architecture interrompues après 4 ans pour faire du théâtre. Entre autres expériences dans ce domaine, il a réalisé plusieurs mises en scènes qui sont chronologiquement depuis 1998 : Merci pitié pardon chance (montage de textes de S. Beckett) ; Débite allez vas-y (adaptation de Fin août de A. Adamov) ; Pareil pas pareil (montage croisé de dialogues d’amour tirés de films de J.L. Godard et remarques sur la peinture de G. Richter) ; Stéréo (diptyque avec acte sans paroles 1 et paroles et musique de S. Beckett) ; Théâtre normal (série de sketchs divers) ; Mademoiselle Julie (A. Strindberg)(sur commande) ; Poésieland (karaoké poésie) ; Comédie sans titre ( F.G. Lorca) ; Viaje a la luna (F.G. Lorca) ; Aneantis movie / Blasted film (d’après S. Kane) ; Guillaume Tell (pièce de théâtre intégrée à l’œuvre d’art Swiss-Swiss Democracy de T. Hirschhorn) ; Les Justes (A. Camus). Il travaille à Kehl Am Rhein (Allemagne).
Philoctète d’après Philoctète de Sophocle
théâtre
11/12/13 décembre 2006 à 20h30
« Je veux dire et montrer en faisant Philoctète d’après Philoctète de Sophocle que les mots peuvent être des pierres, des projectiles susceptibles d'être tenus puis lancés contre l’autre pour l’atteindre violemment et le transformer. Je veux dire et montrer que les mots peuvent devenir des armes et je veux faire une mise en scène qui dresse, entre les protagonistes Philoctète, Néoptolème et Ulysse, une guerre des pierres. Je veux faire de Philoctète d’après Philoctète de Sophocle une pièce de guerre, c'est à dire une pièce qui traite de la faillite définitive du rapport à l'autre. Le dialogue est la forme de la parole qui se construit dans un rapport frontal, face à face, d'homme à homme, de un à un. L'échec inexorable et généralisé de ce rapport élémentaire du « un à un » mène à la guerre. La guerre est la conséquence, hypertrophiée dans la violence et la destruction, de l'impossibilité du dialogue. C'est à dire l'impossibilité, sans meurtre, qu'un homme soit face à un autre homme. Se parler nous préserve de la tuerie. Philoctète d’après Philoctète de Sophocle est une tragédie du dialogue. Les protagonistes : Philoctète, Néoptolème et Ulysse, sont à tour de rôle écartelés par les deux injonctions : « parle-lui !» et« tue-le!» Je veux aussi dire et montrer en faisant Philoctète d’après Philoctète de Sophocle que les mots sont des prolongements organiques du corps humain, des excroissances qui forment des liens physiques tendus vers l’autre. Je veux montrer comment le corps qui parle prend la forme de la parole qu'il prononce, comment le corps qui parle, progressivement, se transforme de tout ce qu'il dit. Et comment les corps, tous les corps humains sont touchés et transformés par toutes les paroles humaines. Je veux avec Philoctète d’après Philoctète de Sophocle assumer un théâtre de paroles incarnées, un théâtre de chair et d'os. Le spectacle s'appelle Philoctète d’après Philoctète de Sophocle parce que j'ai voulu inclure clairement dans le titre Philoctète d’après Philoctète de Sophocle mon intention de ne pas monter la pièce de Sophocle : Philoctète. Réaffirmer la permanence des chefs d’œuvres ne m'intéresse pas. Je défends un théâtre qui est non pas au service des textes mais au service des hommes et en particulier des vivants. Je suis vivant et je veux me servir du Philoctète de Sophocle pour continuer à comprendre et inventer qui je suis, au présent, dans un monde déjà créé. » Gwénaël Morin Mise en scène par Gwénaël Morin. Avec : Marie Guittier (Philoctète), Guillaume Bailliart (Néoptolème), Vincent Schmitt (Ulysse), Barbara Jüng et Fanny de Chaillé (le chœur) Coproduction : Théâtre du Point du Jour/Lyon, Théâtre Jean Vilar, scène Rhône-Alpes/Bourgoin-Jallieu, Les Laboratoires d’Aubervilliers. Avec le soutien du Ministère de la Culture/DRAC Rhône-Alpes, de la Région Rhône-Alpes et de la Ville de Lyon.

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