Session 2006
Lundi 28 Août 2006, 08h00 » Samedi 2 Septembre 2006, 16h00

Session 2006

PIERRE LEGUILLON

Porter une image à l'écran
«
Comme on dit qu'on « porte un roman à l'écran », de quelle façon adapter une image à son support d'apparition ou de diffusion ? Dans un premier temps, nous parlerons de la circulation des images et de leur transfert d'un médium vers un autre (un monument sur une carte postale, un tableau de maître glissé dans une tablette de chocolat, un film sur une casette vidéo et un film sur un DVD, une photo de famille en fichier joint, etc.). Une demi journée pourra être consacrée à une plongée dans des archives publiques. En s'inspirant de figures comme l'homme-sandwich, le manifestant, le « fan », le tatoué, ou encore des petits métiers illustrés par les « Cris de Paris » au XIXe siècle, nous imaginerons d'autres manières de porter les images. Les séances seront construites à partir des archives constituées depuis une dizaine d'années pour mes diaporamas, mais aussi à partir des images apportées par chaque participant. Les premières recherches et échanges d'images s'effectueront par e-mail ou courrier en amont du workshop. Si l'on pense au montreur d'images, avec sa lanterne magique sur le dos, ou aux « Red Tapes », les bandes vidéo que Vito Acconci produit dans les années 1970, quelle forme d'autonomie nous offrirait aujourd'hui la technologie « démocratisée » ? Nous essayerons d'inscrire corps et projections d'images dans les espaces spécifiques des Laboratoires d'Aubervilliers, en jouant sur la spatialisation et les rapports d'échelle. D'une manière générale, plutôt que des modes de production, le workshop a pour ambition de mettre en perspective des principes de « distribution », comme on le dit d'un film ou de cartes à jouer, voire de « re-distribution » des images, en postulant que la première donne n'était pas la bonne. » (P. Leguillon)

 

GWENAËL MORIN

Bajazet d’après Bajazet de Racine
« Je propose aux participants de cet atelier de faire « Bajazet d’après Bajazet de Racine » en cinq jours et de présenter le spectacle gratuitement à tout public volontaire le samedi 2 septembre aux Laboratoires d’Aubervilliers.

J’ai choisi arbitrairement Bajazet pour proposer un contrat clair. J’envisage en effet les textes de théâtre comme des contrats, c’est à dire comme des textes destinés à lier entre elles un ensemble de personnes et à induire entre ces personnes un ensemble de comportements particuliers. D’autres textes comme par exemple le code civil, la constitution française ou encore les dix commandements, les règles du tennis, etc. fonctionnent de cette manière. Le travail avec le texte Bajazet de Racine servira donc de base pour produire des comportements spécifiques parmi les protagonistes dans la perspective du spectacle de la fin de semaine. J’inscris Bajazet dans la suite logique de mon travail de metteur en scène. J’ai décidé de monter une série de textes de théâtre dont le titre est aussi le nom du personnage principal. J’intitule cette série « théâtre de la responsabilité ». Pourquoi est-ce que je choisis de provoquer délibérément une situation d’urgence en voulant faire « Bajazet, d’après Bajazet de Racine » en cinq jours avec des gens que je ne connais pas sur un texte que je n’ai jamais expérimenté ? L’urgence est une force qui interdit le retour en arrière, le jugement de soi, l’hésitation coupable. Elle force à prendre position, elle force à agir, affirmer et à être responsable. L’urgence est une forme particulière de relation au temps qui libère de l’énergie, une énergie que je veux capter pour faire du théâtre. Cette proposition ne s’adresse pas plus à des comédiens qu’à aucune autre forme de spécialistes. Je suis un artiste et je m’adresse à des êtres humains. Je conçois le théâtre comme affirmation de la relation à l’autre. L’atelier « Bajazet, d’après Bajazet de Racine » s’adresse à tout le monde » (G. Morin)

 

CATHERINE CONTOUR

« Mon travail se fonde sur des collectes (jamais des collections !), des panoplies évolutives, des rencontres avec des gens, des lieux, des choses ; des vitesses différentes pour repérer, ingérer, digérer et recombiner ces matériaux à la manière d’un improbable nez qui cherche à aiguiser son flair tout en jouant avec les perturbations liées aux environnements mouvants. Jean-François Billeter traduit Siao-Yao-Yeau par « aller selon » ou encore « se promener », « se balader », « évoluer librement » et « nager ». J’y trouve des liens très étroits avec un état d’improvisation. C’est cet état que j’aimerais aborder en improvisant à partir de mes outils (des explorations avec Simone Forti, Lisa Nelson… en passant par le Qi-Gong ou l’hypnose ericksonienne…) et de ceux que chacun apportera.
Quelques indices au 10/05/06 :
HABITER -> Traquer les interstices / Prendre position
et DIFFERENT(E)S -> camouflages / collectes / économies / hybridités / intensités / jeux / panoplies / poils / pratiques corporelles à essayer-inventer / proportions / siestes / survies / temps / territoires / vitesses / (en cours) » (C. Contour)

 

YVES-NOËL GENOD

« Faire un spectacle, jouer un spectacle, jouer en famille, les langues étrangères, la féminité, la masculinité, représenter (représenter l’amour), un groupe, les people, un groupe de gens, un groupe de people, la plage (la nuit), les âges, le mélange, la distinction, la fatigue et la joie, aucun des grands thèmes, on est ce qu’on est, les larmes (si ça embellit), tourner face à la caméra, jouer de dos, les animaux, les plantes, la nature, partager le secret d’un âne, le point de vue du chien, l’ours, jouer nu, se mettre à nu – qu’est-ce que vous avez à me proposer ? – les derniers films, les informations, la pêche aux crabes, les groupes, le sang coule à flot (sur d’autres continents), l’île, les îles, l’amour, les sketches, les pièces, les chansons, les danses folkloriques, « tous les moyens sont bons », s’habiller en pétasse, s’habiller en bonne sœur, les garçons s’embrassent, se roulent des pelles, un théâtre à voix extrêmement basses, à voix miniatures, un goûter champêtre, we are not afraid… are some of my words du jour. Mon propos n'est pas de privilégier tel type de jeu plutôt qu'un autre, mais plutôt d'ouvrir les possibilités d'être sur un plateau et de permettre de goûter, un peu, aux émerveillements très naturels du jeu d'acteur (le "neutre", terme bien connu du jargon, n'étant, bien souvent, qu'une solution sophistiquée, triste et pauvre).» (Y.N. Genod)