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Les expériences interstitiels de François Génot
Workshop aux Laboratoires d'Aubervilliers



 

L’interstice est ce qu’il y a “entre” les choses, il propose une porosité entre ses fonctions et ouvre la possibilité aux réappropriations subjectives. L’agir interstitiel permet de jouer avec et sur un terrain imposé. Les interstices peuvent prendre de multiples formes. Ils représentent avant tout une logique d’action, une manière de préserver une capacité à faire dans un contexte de forte homogénéisation et hiérarchisation. Les interstices constituent en quelque sorte une réserve de disponibilité. C’est un moyen d’assouplir les formats de temps : les horaires habituelles d’activité, les temps de la ville et de limiter les emprises institutionnelles. Du fait de leur caractère transitoire et mobile, ils laissent deviner ou entrevoir d’autres conceptions possibles dans la conduite d’une activité ou d'autres processus de fabrication de la ville, plus ouverts et collaboratifs, plus réactifs et transversaux. C’est ainsi que “l'ordinaire” devient expérience interstitiel et politique. 
 

Des ateliers seront mis en place tout au long de l’année afin de créer un lieu de passage entre l’humain et la nature en ville. L’objet sera de faire parler le paysage d’Aubervilliers à travers l’usage des végétaux de notre espace quotidien invisible. En investissant les espaces interstitiels et les friches d’Aubervilliers au rythme des saisons, François Génot engage différents cycles de recherches et d’expérimentation plastique à la mesure de ce qu’offre ces espaces. Les rues et les espaces transitoires deviennent un atelier à ciel ouvert, où la végétation spontanée et les collectes à même le sol constituent la matière première à la mise en place de protocoles, de processus engageant le dessin ou l’apparition d’un langage autonome. Autant de manières sensorielles de revenir aux fondamentaux du geste premier. L’artiste va élaborer ses outils, faire ses gammes, faire parler les espaces et les éléments désuets afin de rendre compte d’un langage commun né des espaces communs.
 

 

 


François Génot, artiste, emprunte son attitude et l’élan de sa démarche à la résistance et à la prolifération du vivant. Il élabore un langage formel sensible et énergique, souvent marqué par la figure végétale et rythmé par l’expérience des lieux. Les déplacements, la collecte et une attention particulière aux matières, aux formes et aux phénomènes naturels nourrissent une pratique oscillant entre protocoles plastiques et productions d’ateliers. 
Son attention à la nature sauvage du quotidien, aux “presque riens” qui habitent nos espaces anthropisés, lui ouvre des portes sur les mondes humain, animalier, végétal et minéral avec lesquels il tente de trouver de nouveaux modes de cohabitation et de partage.
Sa trajectoire est une boucle, un cycle, à l’image des saisons, il arpente, collecte, transforme et restitue la première expérience du lieu ou de l’instant.

http://www.francoisgenot.com/