• Séance présentée et animée par Andreas B. Krüger, photographe et directeur de la photographie.

    Karaoke
    (Carolina Hellsgård, Allemagne, 2008, 15 min.)

    +
    Hunger
    (Carolina Hellsgård, Allemagne, 2009, 17 min.)



    Je est un(e) autre : identité et mise en scène, par Andreas B. Krüger

    Les personnages des deux films de Carolina Hellsgård sont tracés d’une plume très précise : le visage de Liselotte dans Karaoke montre des rides, peu importe que la joie ou la douleur soient à leur origine. Les deux garçons dans Hunger marchent sur la corde raide de l’androgynie et contournent cette association en se déguisant. Néanmoins, les personnages reste...nt des mystères, ne parlent guère, ils sont entourés d’un flou qui les rend d’autant plus fascinant. Ils sont les personnages de leur propre vie, ils entrent sur la scène quand un nouveau plan s’ouvre, ils sont des figures des tableaux vivants qui semblent issus d’une capsule de temps et d’espace. Pourtant, ils sont humains, très humains. Une vieille question se pose, celle de la vie qui n’est peut-être que du théâtre. Karaoke et Hunger illustrent ce théâtre à travers ces personnages qui portent des masques trop parfaits pour être vrais, et qui, une fois les masques tombés, révèlent une vérité fictive qui se trouve derrière eux.
    D’origine suédoise, Carolina Hellsgård vit et travaille à Berlin. Son œuvre est ancrée dans plusieurs champs artistiques, allant de l’art vidéo et expérimental jusqu’aux formes narratives classiques, tout en développant un style filmique très précis: que ce soit par la lumière ou bien le travail sur la musique et le son, elle arrive à trouver une forme à mi-chemin entre la fictionalisation captivante du cinéma traditionnel et une artificialité qui fonctionne comme un miroir envers le spectateur. Ses études à Stockholm, à Berlin et à Los Angeles lui ont permis de développer une vaste approche culturel. Elle choisit des sujets d’importance globale sans qu’ils deviennent prétentieux ; ses films peuvent être compris au-delà de leur signification inhérente sans demeurer des métaphores vagues. Après avoir connu un succès à l’échelle mondiale avec son dernier court-métrage Hunger (2010), Carolina Hellsgård prépare son premier long métrage.