• Le projet illegal_cinema fête son premier anniversaire  !

    La séance est proposée et animée par Yassine Qnia, réalisateur.

    Film projeté :
    La mort de Danton, un film d'Alice Diop (France, 2011, 64min.)


    Image DR

    Le récit d'origine est aussi simple qu'un « fait divers ». Un fait conjugué au temps présent ; un élève du Cours Simon (l'une des institutions de formation d'acteur les plus prestigieuses) souffre d'une discrimination inconsciente, profondément nouée à la couleur de sa peau. Un fait dont on parle « à l'occasion », « parmi d'autres ». C'est comme dissimuler une gêne sémantique. On parle de « blacks » plutôt que de « noirs ». Mais cette translation affirme une énième codification. Deux conséquences : régler le problème ou créer le règlement de compte.
    Les hommes de théâtre devraient avoir honte. Honte de cantonner un homme de peau noire à des rôles d'hommes noirs. Honte de nier la capacité du théâtre à déplacer les frontières des apparences. Au XVIe siècle, les rôles de femmes n'étaient-ils pas joués par des comédiens ? Pourquoi l'homme de peau noire ne pourrait-il pas jouer le héros d'une tragédie grecque ? Car le drame ­ au sens théâtral ­ opère en multiples déplacements, au-delà des sexes, des couleurs de peau et des évidences culturelles. Le drame social est bien différent.
    Néanmoins, à qui en vouloir ? Je ne sais pas. Le sentiment ressenti face au film La mort de Danton est paradoxal, fondé sur une rage impossible à exprimer et des ennemis impossible à déterminer. Le documentaire appréhende les clichés qui pèsent sans que les consciences soient éveillées. Aussi la violence est-elle minimisée, l'esprit s'attachant à soulever des questionnements fondamentaux (« D'où cela remonte-t-il ? », « Comment faire évoluer la situation ? »). Le phénomène mis à nu, nous filons sur les sentiers de la réflexion et recomposons la généalogie de notre rapport à l'autre. C'est cette voie que je vous propose de suivre.

    La séance est organisée en partenariat avec l'Office Municipal pour la Jeunesse d'Aubervilliers.