• La séance est organisée dans le cadre du Festival Coté Court 2011 de Pantin.

    La séance est proposée et présentée par Marylène Negro, cinéaste invitée du Festival.



    Film projeté : Koyamaru - L'hiver et le printemps, un film de Jean-Michel Alberola. Durée : 88 min (2007-2010)

    En 2007, Jean-Michel Alberola décidera de filmer pendant deux ans trois familles de riziculteurs (trois couples paysans âgés de soixante-dix à quatre-vingt-cinq ans) vivant dans les montagnes à 300 km au Nord-Ouest de Tokyo dans la province de Nigata.

    Cette région a subi, du fait des échanges commerciaux mondiaux, une crise profonde (détresse, suicides…). Les enfants sont partis vivre dans les villes parce qu’il n’y a pas d’avenir ici.

    Koyamaru relate la vie quotidienne de ces habitants durant l’hiver (six mois de neige) et le retour du printemps. Ce sera un documentaire non pas sur mais avec les habitants de Koyamaru. Jean-Michel Alberola a rencontré ces familles de paysans en 2003 lors de la création d’une architecture intitulée « Little Utopian House », abritant des peintures murales et des phrases politiques et poétiques autour de l’idée de l’utopie. Cette construction est devenue leur salle de réunion pour l’été.

    En juillet 2007, Jean-Michel Alberola emportera une Beaulieu (caméra 16 mm), saura qu’il filmera en noir et blanc. Il regardera pour comprendre l’espace et la chaleur de l’été, observera les paysans qui vaquent à leurs occupations. En octobre de la même année, il repartira avec Jonathan, un de ses élèves aux Beaux-Arts, qui l’accompagnera et le secondera techniquement pour Koyamaru. Sur la première page de son carnet de voyage, Jean-Michel Alberola écrira : « NE JAMAIS PERDRE L’IDÉE DU LOINTAIN ».

    En janvier 2008, le tournage commencera véritablement. L’équipement se limitera à une A-Minima d’Aaton, la Beaulieu et une petite caméra de poing numérique pour la construction des plans. Une jeune femme, Ayako, rejoindra le tournage. Elle travaille au musée de Matsudaï, parle un peu le français et connaît l’accent particulier des paysans. Le principe des conversations va être le suivant : après avoir décidé du sujet à aborder, la veille, lors des réunions de préparation, Ayako posera une question générale et continuera la conversation de japonais à japonais.

    Tous les deux mois, pendant deux ans, ils iront installer les caméras à Koyamaru, les habitants les laisseront faire, certains d’entre eux interviendront par la suite dans le tournage. Les paysans seront d’une infinie patience.

    En août 2009, Koyamaru – « L’hiver et le printemps » - est projeté pour la première fois à Tokamachi, ville voisine où il y a un cinéma entièrement reconstruit à la suite du tremblement de terre de 2007. Les habitants qui ont été filmés sont là. Ils font des commentaires.

    Le lendemain, Jean-Michel Alberola et son équipe iront continuer le tournage pour la deuxième partie : « L’été et l’automne ».

     

    Au fond, je n’ai jamais rien compris du prétendu exotisme japonais, me sentant au Japon comme chez moi. Aller ailleurs voir si on n’y est pas. Se voir dans le regard de l’autre. L’identité est toujours à construire, dans sa confrontation à l’autre. Au loin, dans la distance où je me trouve, que Koyamaru me semble familier…

    Marylène Negro


    Pour connaître le reste de la programmation du Festival Côté Court : www.cotecourt.org