• Lundi 20 février 2012, à 20h :
    La séance sera animée par Yves-Marie Mahé, cinéaste et membre du collectif Negatif. Il présentera une sélection de films autour de la forme du diaporama au cinéma.

    spacey
    Takeshi Ito, D.R.

    ROMAN PHOTO VERSUS DIAPORAMA (sur le rapport entre la photo et le cinéma) :
    une présentation par Yves-Marie Mahé:
    Le diaporama ou roman photo au cinéma a son chef d'oeuvre (La jetée en 1962). Pour admirable qu'il soit, le film de Chris Marker n'est l'unique représentant de ce procédé. Le diaporama au cinéma découle certainement de l'animation de photos dans le cinéma d'animation (L'école de Walerian Borowczyk ). Avec une démarche formelle semblable, on peut bien évidemment exprimer des choses différentes. Faire un film en utilisant le procédé de photos arrêtées relève de l'anti cinéma. La séance sera un mélange de films d'animation, de films narratifs, de série télé et de films expérimentaux. Le terme de roman photo s'applique dès qu'il y a une narration tandis que celui de diaporama correspond à un cinéma de tradition expérimentale qui interroge la notion de photo ou de photogramme. Ainsi il analyse et définit ce qu'est le mouvement. Attention, trop de photos font un film (24 par secondes).

    L'école / Walerian Borowczyk / 1958 / 6mn
    Un militaire et son meilleur ami… le fusil. En Pologne, avec Jan Lenica, Borowczyk a travaillé un mélange de dessins et de réel avant de venir en France et de travailler en 1959 avec Chris Marker.

    Colloque de chiens / Raoul Ruiz / 1977 / 22mn
    Dans la cour de l'école, un camarade de Monique lui apprend que sa mère n'est pas sa vraie mère. Pour Monique, plus rien ne sera alors pareil à présent… Dans le film de Ruiz, un drame social exagéré est traité en roman photo afin que le procédé souligne le caricatural et le grotesque du projet. Des plans de chiens en prise de vues continues interrompent régulièrement la narration sans que l'on ne sache trop pourquoi. Peut être pour exprimer un contraste entre les hommes et les animaux. Peu importe… c'est beau.

    Le Bidule / Olivier Babinet / 1999 / 3mn
    Mini série traitée en roman photo diffusée dans "Le vrai journal" sur Canal +.

    Spacy / Takeshi Ito / 1981 / 9mn
    Un film dont le sujet est l'espace (un gymnase), le temps (les 10 minutes que dure le film), et la non-conformité de la réalité (le gymnase) et de l'illusion (la représentation du gymnase). Tous ces ingrédients sont rigoureusement combinés en une série sans fin, une bande de Moebius, un film d'Escher au tempo japonais, du lent au plus rapide, du pianissimo au fortissimo.

    Head / George Griffin / 1975 / 10mn30
    L'animateur, comme acteur, vit au travers de ses dessins qui à leur tour deviennent les acteurs qui influencent l'image qu'il a de lui. Une méditation sur le portrait, au moyen de manipulations cinématographiques.

    Rue X Décomposition / Carlo Werner / 1983 / 15mn
    "Le film est divisé en cinq parties, précédées d'une sorte de long travelling dans une rue en forme d'X. Chacune des cinq parties reprend et met en évidence l'un des détails formels de l'image initiale: ma propre silhouette lors du prologue, les parallèles des volets et fenêtres, l'immobilité des voitures, le mouvement passant et le triangle du pavé. Chaque partie réorganise rythmiquement l'image initiale. J'ai procédé de la façon suivante: d'abord j'ai filmé le travelling dans la rue (en fait j'ai utilisé un appareil photo comme une caméra en mode image par image), le court plan rapporté sur photos a été décomposé, découpé et refilmé image par image au banc-titre dans l'idée de réorganisation rythmique décrite ci-dessus." (Carlo Werner)

    Nijuman no borei / Jean Gabriel Périot / 2007 / 11mn
    Hiroshima 1914-2006


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    Entrée libre

    Accueil du public dès 19h30, bar et restauration légère.