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    Lundi 30 avril, à 20h:

     

    La séance sera proposée et animée par Lauren Moffatt, artiste. Elle présentera une sélection de films autour de la forme du "Ciné-oeil" (Kino-glaz).

     

    fieldworks
    Masaki Fujihata, D.R.

     

    Presentation par Lauren Moffatt

     

    Le « Cine-œil » se comprend comme « ce que l’œil ne voit pas »
    comme le microscope et le téléscope du temps
    comme le négatif du temps
    comme la possibilité de voir sans frontières ni distances
    comme la commande à distance d’un appareil de prises de vues
    comme le télé-oeil
    comme le rayon-oeil
    comme « la vie à l’improviste », etc., etc.…
    (Dziga Vertov, 1924)


    Dans sa forme comme dans sa fonction, la caméra est un modèle surdimensionné de l’œil. Elle agit comme une prothèse au système nerveux humain, une amplification du regard individuel. Dans ce cadre, chaque caméra est une caméra subjective car conduite par un sujet humain (ou bien un groupe de sujets, comme dans la surveillance). Mais certains auteurs et réalisateurs ont tenté de mettre le spectateur dans le corps d’un personnage en reproduisant le regard humain à travers le regard mécanique, au contraire de ce que Vertov déclare être le but du cinéma.

    Ces trois films expérimentaux traitent de l’utilisation de la caméra comme œil humain dans leur contenu et dans leur technique.  Film de Beckett juxtapose le regard mécanique et le regard humain dans la souffrance du personnage O (Buster Keaton) qui tente d’échapper à cette double perception. En utilisant le cinéma comme allégorie du corps, Von Gegenüber de Clemens von Wedemeyer utilise la caméra comme moyen pour situer la subjectivité du spectateur à l’intérieur d’une structure. Field Works de Masaki Fujihata propose une forme d’archive subjective/collective à travers la technologie GPS et plusieurs caméras subjectives.

    A travers cette programmation courte j’aimerais poser au public des questions liées à ma recherche artistique. Est-il possible de considérer la caméra comme sujet à part entière ? Est-il nécessaire d’exploiter les caractéristiques qui distinguent la caméra de l’œil humain ou est-ce au cinéma et à l’art de tenter au maximum de ressembler à l’expérience humaine? En regardant ces vidéos filmées avec une caméra subjective, a-t-on le sentiment d’être dans le corps d’un autre être humain en train de regarder au contraire le sentiment d'être dans une machine capable de regarder?

     

    Films projetés (durée totale 85min):
    Field-Works: Simultaneous Echoes de Masaki Fujihata, Japon, 2002, 22min
    Film de Samuel Beckett, USA, 1965, 25min
    Von Gegenüber (From the opposite side)
    de Clemens von Wedemeyer, Allemagne, 2007, 38min

     

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    Entrée libre

    Accueil du public dès 19h30, bar et restauration légère.