illegal_cinema #99

 

Lundi 1er octobre, à 20h

 

Cette séance a été proposée par Clio Simon, réalisatrice. Elle a engagé une discussion approchant la politique par l’intime en s'appuyant sur les films Je n’ai pas vu la guerre à Beyrouth de Myriam El Hajj et Comment j'ai appris à surmonter ma peur et à aimer Ariel Sharon de Avi Mograbi.

 

beirut
Je n’ai pas vu la guerre à Beyrouth, Myriam El Hajj, D.R.

 

"Autrement dit l’Histoire"
Présentation de la séance par Clio Simon

« Non. C'est les militaires qui nous ont séparés. Autrement dit l’Histoire.
C’est de l’histoire tout ça. »
(Pepe Carvalho in Le Quintette de Buenos Aires de Manuel Vásquez Montalbán)

En 2011, je rencontre le Collectif 100Jours. Nous faisons le pari de mettre en œuvre un décalage: un autre rapport à l’individu, à l’esthétique, à l’actualité, un autre rapport à l’Autre, où notre système est un espace qui s’invente.

Aujourd’hui, je poursuis ma réflexion avec Myriam El Hajj, scénariste libanaise, qui m’assiste dans l’écriture de mon film Camanchaca. Myriam réalise des fictions, moi des documentaires. Toutes deux, nous nous posons la question de la représentation de la Violence et celle du Conflit. Toutes deux travaillons cette matière qu’est le Réel à la recherche d’une énergie politique, sans négliger les nécessaires échappées vers fictions et imaginaires! Toutes deux approchons le Politique par l’intime.

Mes réalisations filmiques sont toujours accompagnées, en parallèle, par des séminaires pluridisciplinaires ou des programmations de films, comme c’est le cas ici, aux Laboratoires d’Aubervilliers. Cette pluridisciplinarité, qui habite ma démarche artistique, me permet de réaffirmer que ce sont les rencontres qui produisent le politique. Au programme de cette séance, je vous propose deux films qui participent à mes questionnements actuels. Deux films travaillant cette matière insaisissable qu’est le Réel. Un Réel proche et/ou lointain qui façonne les lieux, construit des relations, s’inscrit sur les corps jusqu’à pénétrer dans nos chairs.

Le premier film proposé est un court-métrage libanais intitulé Je n’ai pas vu la guerre à Beyrouth, fiction réalisée par Myriam El Hajj en 2009, et un long-métrage israélien intitulé Comment j'ai appris à surmonter ma peur et à aimer Ariel Sharon, documentaire satirique réalisé par Avi Mograbi en 1997. Les deux films ont pour points communs d’approcher la politique par l’intime; « intime » au sens de proximité et de relation. Le premier traite de la guerre civile qui habite, au sens propre, les personnages d’une troupe de théâtre. Le second démarre par une confession absurde où le réalisateur s’adresse à nous, face caméra, pour expliquer que sa femme vient de le quitter à cause d’Ariel Sharon, et plus précisément parce qu’il a voulu faire un film sur lui. Le film pose les bases d'une oeuvre très engagée entre fiction et réalité.

Comment parler de politique? Comment s’inscrit-elle sur nos corps, dans nos chairs? Comment les films peuvent-ils investir cette dimension politique? Ces récits singuliers peuvent-ils construire des mémoires collectives? Comment les choix de représentations portent-t-ils en eux-même une Lutte? Comment inscrivent-ils un champs de bataille? Comment déconstruire les représentations dominantes qui participent à construire des relations stratifiées entre les individus?

Les deux films proposés portent en eux des éléments de réponses, aussi bien dans la forme que dans le fond. 


Films projetés (durée totale 84min):
Je n’ai pas vu la guerre à Beyrouth de Myriam El Hajj, 2009, Liban, 22min
Comment j'ai appris à surmonter ma peur et à aimer Ariel Sharon de Avi Mograbi, 1997, Israel, 62min

 

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Entrée libre

Accueil du public dès 19h30, bar et restauration légère.