Histoires des gestes vivants — La Fabrique des nouveaux imaginaires #12
« MÉMOIRES DES EAUX »
La Fabrique des nouveaux imaginaires #12
Histoires des gestes vivants
Par Marcela Santander Corvalán
Vendredi 27 mars 2026
Ouverture des portes, 19h30 • Performances, 20h
Aux Laboratoires d'Aubervilliers
Entrée libre, sur réservation
❝ Intitulée « Mémoires des eaux », cette Fabrique des nouveaux imaginaires est une invitation à plonger au cœur des questions que soulève l’eau : ses mémoires, ses ruines, la puissance ancestrale de ses voix poétiques et profondes.
En écho à mes propres recherches sur l’eau, l’idée de cette soirée est de créer une assemblée des eaux — sinueuse, attentive, critique. Un espace où l’on participe, où l’on questionne, où l’on observe ; un espace de passage pour laisser place aux danses des rivières et des mers ; un espace d'accueil ouvert aux récits, histoires et voix de l’eau. Ces voix dont, aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin d’entendre.❞
Marcela Santander Corvalán
Une soirée imaginée par Marcela Santander Corvalán
Avec Paula Almiron, Olivier Marboeuf et Ana Pi
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INFORMATIONS PRATIQUES
Vendredi 27 mars 2026
Ouverture des portes, 19h30 — Performances, 20h
Aux Laboratoires d'Aubervilliers
Entrée libre, sur réservation
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LES ARTISTES ET PERFORMANCES
The River and The Devil (extrait) — Paula Almiron
[ danse/performance ]
Sur les flancs de l’Altiplano bolivien, on raconte qu'à l’époque coloniale, le le fleuve Desaguadero et son flot d'eau incontrôlable étaient perçus par les colons comme une manifestation du « Diable ». Depuis, le fleuve s’est asséché, passant de l’eau au sel après des siècles d’extraction continue. En envisageant le Diable non plus comme une force destructrice, mais comme une puissance garante de la protection du fleuve, The River and the Devil explore les vestiges d’une histoire fragmentée et les horizons de résilience qui s’en dessine. Mêlant danse, fiction et récits collectifs, la pièce évoque une sensation de vie au milieu des ruines, questionnant ce qui subsiste quand un fleuve disparaît.
Paula Almiron est une artiste argentine basée à Bruxelles. Travaillant à la croisée de la chorégraphie et de la géologie, sa pratique explore les interactions entre les mondes social, spirituel et matériel. Ses créations explorent les chorégraphies liquides, abordant des thèmes tels que la désertification et l'extraction des corps d'eau, ainsi que le potentiel des liquides à créer des liens sociaux, cosmologiques et écologiques.
Bon à savoir : au cours de la représentation, le public est invité, s’il le souhaite, à participer à la lecture d’un texte. Chaque spectateur·ice est libre d’y prendre part ou pas, de la façon qui lui convient.
Conception et interprétation : Paula Almiron
Durée : 30 min
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Mille sortes de bleu — Olivier Marboeuf
[ lecture-performance ]
Dans Mille sortes de bleu, Olivier Marboeuf se penche sur la mémoire traumatique des femmes de sa famille. Avec cette lecture-performance d’un texte en cours qui continue de grandir à chacune de ses présentations, il nous embarque dans une série de rêves liquides où la Caraïbe sombre sous les eaux et avec elle l’histoire jamais racontée de la violence. La parole du conteur se mêle ici au geste du dessin sur un mur. La carte d’un monde mystérieux apparaît progressivement dans ce que l’auteur appelle « un cinéma déparlant. »
Olivier Marboeuf est auteur-conteur, artiste, commissaire d’exposition indépendant, théoricien de la culture et producteur de cinéma, originaire de Guadeloupe. Il a fondé au début des années 1990 avec l’auteur Yvan Alagbé les éditions Amok (devenues Frémok) puis est devenu directeur artistique de l’Espace Khiasma (2004 à 2018). Il partage actuellement son travail entre l’écriture, le dessin et des activités liées aux pratiques collaboratives en art. Il est notamment membre fondateur du Réseau Indépendant des Travailleur·euses et Acteur·ices de l’Art (RITAA) en Guadeloupe.
Conception et interprétation : Olivier Marboeuf
Durée : 30-40 min
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noirblue, face B — Ana Pi
[ session d'écoute ]
En 2016, s’ouvrait le processus ultramarin de NoirBLUE : pièce chorégraphique pour plateau, film documentaire, et autres conversions de l’œuvre. Eaux abyssales de l'Océan Atlantique. Négritude de la peau. Navires à la dérive. Sirènes. Corps périphériques, invisibles et luminescents. Écho de baleines bleues disparues. Indigofera re-boisé. Depuis l'apparition de la couleur bleue, émerge cette danse « extemporaine ». Gravée sur vinyle à l’époque, la musique qui l’accompagne a été écrite en collaboration avec le dub composer Jideh High Elements. On écoute la face B. Pour cette activation en 2026, Ana Pi propose de revenir dans le son comme qui écoute l’intuition dans le futur.
Chorégraphe et artiste de l'image, née et formée au Brésil, Ana Pi travaille depuis la France, où elle navigue à travers les strates régénératrices et l'imaginaire radical de la diaspora Africaine Transatlantique. Sa recherche porte sur les danses ancestrales et leur formes périphériques actuelles. En parallèle, elle travaille en tant que danseuse « extemporaine », pédagogue, créatrice d’espaces et écrivaine. Sa conférence performative dédiée aux danses de rue du monde a été présentée à plus de 400 reprises sur les scènes d’Europe, d’Afrique et d’Amérique du Sud. En 2025, Ana Pi crée la pièce ATOMIC JOY, pour 8 interprètes, accompagnée d’une composition musicale originale de CHASSOL. Elle crée également et codirige avec Julien Creuzet la performance Quatuor et Quantum — larmes marées de lune, au HKW Berlin, pour le festival BWA KAYIMAN. Actuellement, elle prépare l’œuvre diptyque James et Malodorous.
Conception : Ana Pi
Durée : 30 min

