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Dans le cadre des acquisitions régulières d’ouvrages qui viennent augmenter le fonds documentaire de la Bibliothèque des Laboratoires, nous avons souhaité créer cette rubrique sur le site qui en fasse régulièrement état. En la découvrant ci-dessous, vous accédez à l'ensemble des dernières publications acquises par Les Laboratoires. Et, il vous est également possible de les emprunter (excepter les documents audiovisuels) dans le cadre du dispositif des fiches de convivialités.

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Theatrum Botanicum
édité par Shela Sheikh et Uriel Orlow
Sternberg Press
Londres, 2018

Theatrum Botanicum (2015-2018) est un projet mené par l’artiste Uriel Orlow mêlant photographie, cinéma, son, installation. Cette recherche au long cours, entre l’Europe et l’Afrique du Sud, permet d’envisager l’histoire botanique comme une scène politique et les plantes comme des acteurs-témoins porteurs d’une histoire. La publication rassemble un corpus d’essais théoriques, autour des travaux de Theatrum Botanicum, dans la lignée des études culturelles post-coloniales, de l’histoire de l’art, de l’histoire naturelle, botanique et ethnobotanique. On retrouve les scripts de deux films, des photographies, des citations, des d’installations, parmi lesquels, What plants were called before they had a name, une installation sonore où l’on entend les noms autochtones de plantes sud-africaines, questionnant ainsi l’imposition d’un système scientifique standardisé et permanent qui perpétue une forme de violence épistémique.

L’ouvrage, consultable dans la Bibliothèque, est également en vente aux Laboratoires d’Aubervilliers.

 

 

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L’Agriculture au Sénégal sous la Colonisation
par Ismaila Diop
L’Harmattan,
Sénégal, 2017

Ismaïla Diop, ingénieur d’agriculture au Sénégal, met à jour les profondes transformations agricoles et culturelles du Sénégal dans une étude quantitative fouillée. La région est ainsi passée d’une agriculture de subsistance au 19e siècle à un modèle de monoculture de l’arachide imposée par la France, transformant le Sénégal en une « colonie
arachidière » au début du 20ème siècle. La monoculture de l’arachide principalement destinée à l’exportation a rapidement entrainé un « déficit vivrier chronique, une dégradation des sols » ainsi qu’une « dépendance des importations de riz en provenance de l’Indochine et de la Thaïlande ».

L’étude de la culture coloniale de l’arachide, qualifiée de malédiction par Ismaïla Diop, établit un constat des conséquences contemporaines sur le patrimoine culturel, les paysages, la diversité langagière, la vie quotidienne et la division des territoires selon des logiques économiques capitalistes.

L’ouvrage fait écho à la conversation ouverte par Uriel Orlow avec Abdoulaye Barry, journaliste spécialisé dans l’agriculture, qui s’intéresse à la vie des paysans sénégalais et à la préservation de la biodiversité. L’entretien, à découvrir dans l’exposition Affinités des sols . Soil Affinities, ajoute une perspective critique sur une agriculture considérée aujourd’hui comme traditionnelle.

 

 

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La colonisation du savoir, Une histoire des plantes médicinales
du « Nouveau Monde » (1492-1750)

par Samir Boumediene
Ed des Mondes à Faire
Paris, 2016

De 1492 au milieu du XVIIIe siècle, une immense quantité de plantes, connues par les Européens au Nouveau Monde lors d’expéditions scientifiques, sont répertoriées, pillées et transformées en marchandises. Dans le même temps, ces plantes médicinales deviennent la cible de la police inquisitoriale qui interdit l’usage rituel de certaines plantes. Cet ouvrage, issue d’une thèse soutenue par Samir Boumediene en 2013 à l'Université de Lorraine et lauréate du Prix du Musée du Quai Branly en 2014, raconte l’histoire de l’expansion européenne en tant que colonisation du savoir.

Cependant, l’analyse historique se refuse ici à l’équation savoir = pouvoir = domination pour donner à voir les modes de résistances (clandestinité, piraterie, insurrections, etc.) et les productions de contre-savoirs. Samir Boumediene déploie de plus sa recherche dans une langue académique non dénuée de poésie : « La clandestinité, dans ses silences et ses mensonges, façonne des stratégies et des tactiques, une intelligence des rapports sociaux, un art de l’échappée. (…) Le secret protège les remèdes et les poisons de l’ennemi qui souhaiterait les dérober ; mais il protège aussi un rapport au réel dont il est souvent déjà l’expression ».

 

 

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Negro Anthology
Nancy Cunard
Nouvelles Editions Place
Paris, 2018

« Il était nécessaire de faire ce livre pour consigner les luttes et les accomplissements, les persécutions et les révoltes du peuple Noir ».

C'est par ces mots que Nancy Cunard (1896-1965), figure d'avant-garde artistique et politique des années 20 et 30, introduit le travail faramineux que représente la Negro Anthology publiée en 1934 à Londres. Une quête effrénée de son initiatrice pour collecter, valoriser et archiver les subjectivités et les mémoires noires avant que l’histoire hégémonique ne les engloutisse, une fois de plus.

Cet ouvrage-maelstrom documente sur plus de 800 pages la modernité noire, africaine et de la diaspora des années 30 en un objet à la forme hybride entre collage-encyclopédique et contre-ethnographie. Il compile ainsi une grande variété de poèmes, de textes inédits ainsi qu’une riche sélection iconographique. En parallèle, un travail archivistique brut rassemble des chants des plantations, des dictionnaires d’argot, tracts politiques, traités historiques, récits d’esclaves, comptes rendus de jugements, guide anti-préjugés, cartes de l’Afrique pré-coloniale. Parmi les 150 contributeurs, on croise des figures tels que W.E.B Dubois, Franklin Frazier, Sterling Brown, les sœurs Jane et Paulette Nardal, Léopold Sédar Senghor ou encore Suzanne et Aimée Césaire. Edité en seulement 100 exemplaires à l’époque au vu de son caractère monumental, l’Anthology paraît aujourd’hui en une version rééditée.

Negro Anthology est un objet précieux pour mettre en perspective les riches initiatives d’émancipation décoloniale qui se jouent aujourd’hui en France.

 

 

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UIQ (The Unmaking of) a book of visions 
Silvia Maglioni & Graeme Thomson
post-éditions, collection faux raccord
Fécamp, 2018

« Un amour d’UIQ » est un scénario non réalisé de Félix Guattari. UIQ (the unmaking-of) Un livre de visions / A Book of Visions permet de retracer le processus artistique et collectif enclenché par Silvia Maglioni & Graeme Thomson depuis la découverte du scénario original. Il donne lieu à des propositions multiples et sans cesse en mouvement, issues de différents travaux mettant en jeu le cinéma, la vision et la voix. Le livre travaille ces nombreux points de passage dans une édition réflexive et inventive autour de la force du cinéma potentiel, en mêlant partition visuelle et enjeux théoriques.

UIQ (the unmaking-of) – Un livre de visions appartient à la constellation des formes artistiques conçues par Silvia Maglioni et Graeme Thomson à partir du scénario de Félix Guattari, Un amour d’UIQ : un projet de science-fiction qui raconte l’histoire de la rencontre entre un groupe de squatteurs et UIQ, l’Univers Infra-Quark, une intelligence « aliène » dont la forme, l’étendue, le genre ou le langage restent indéterminés ou à définir. (...)

La traduction est le principe moteur du livre : autant de transferts ou de points de passage – dont on finit par ne plus savoir ce qui est premier – d’une langue à l’autre, de l’écriture sonore vers le texte, mais également de l’énoncé théorique vers le langage littéraire. « Notes sur le cinéma potentiel » reprennent sous la forme d’une écriture fragmentaire la réflexion engagée depuis l’édition du scénario de Félix Guattari jusqu’aux développements les plus récents de ce travail qui mène à l’élaboration et à l’activation d’un jeu que les artistes nomment « Dark Matter Cinema Tarot ». L’ensemble composite du livre, UIQ (the unmaking-of) – Un livre de visions constitue un essai poétique qui rend active une circulation entre différentes pratiques artistiques et entre différents langages, restituant ainsi, pour tout lecteur, l’univers en puissance de UIQ, issu de la non-réalisation du scénario de Félix Guattari.

 

 

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Notre Case est à Saint-Denis 93
Bouba Touré
Éditions Xérograhes, collection Ecritures des Territoires
Paris, 2015

Bouba Touré, originaire du Mali, a 17 ans lorsqu'il vient travailler en France en 1965. Ne sachant ni lire, ni écrire le français en arrivant en France, il l'a appris via des cours du soir dispensés par le Secours Catholique de Saint-Denis. Ce livre est le récit de la vie du foyer et deses rencontres en France et ses liens avec notamment les gens de son pays. C'est un livre qui constitue un « témoignage affectueux de sa vie ».

Bouba Touré, écrivain, photographe et co-fondateur de la Coopérative de Somankidi Coura, a été invité par Uriel Orlow à venir partager son expériencede la fondation de cette coopérative malienne, à l'occasion de la rencontre Micropolitiques des plantes, le samedi 19 mai 2018.

 

 

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Au nom du peuple
Liaisons (plus qu'un collectif, moins qu'un monde)
Éditions divergences
Paris, 2018

Au nom du peuple, premier ouvrage, propose une série de témoignages et d’analyses du sursaut populiste mondial, à partir des formes locales qu’il prend autant aux États-Unis qu’en France, en Italie, au Japon, en Corée, au Liban, au Mexique, au Québec, en Russie et en Catalogne. Refusant de succomber au chantage qui veut combattre la démagogie en passant ses armes à gauche, ces autres forces tentent de naviguer dans les eaux troubles de l’époque avec des pensées de radicalement différentes. Le bouleversement des polarisations politiques provoqué par le populisme indique surtout l’urgence d’en développer une interprétation révolutionnaire globale et de faire les liens qui s’imposent.

« Schlegel disait du dialogue qu'il ressemble à une "chaîne ou une guirelande de fragments". A travers le monde, nous avons rencontré nombres d'amis et de camarades avec qui partager une même sensibilité, une même façon de se poser des questions : comment construire des alliances sans compromettre ce à quoi l'on tient ? Comment faire place aux différentes sensibilités sans succomber au moralisme ? Comment tenir ensemble les luttes urbaines et l'autonomie en campagne ? Ces affinités souterraines demandaient un lieu commun, une caisse de résonance, une réverbération planétaire ». Liaisons, Au nom du peuple, Paris, éditions divergences, 2018

Un livre urgent à lire.

 

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A Hand’s Turn
Lenio Kaklea
Éditions Big black mountain the darkness never ever comes, 
Athènes, 2017

A Hand’s Turn est une publication qui accompagne et retranscrit un extrait de la performance du même nom que la chorégraphe grecque Lenio Kaklea a conçue et présentée pour le Athens & Epidaurus Festival 2017, entre juin et juillet 2017.

Au feuilletage, seulement une ligne de texte se donne à voir à la fois, tantôt sur la page de gauche, tantôt sur la page de droite. Le pli du livre fait office de séparation, de passage d'une feuille à une autre, de clivage nécessaire au volume de l'objet. C'est en tournant des pages que Lenio Kaklea faisait entrer ses spectateurs dans sa pièce de danse à Athènes, d'un tour de main qui introduisait déjà l'objet du livre à venir.
— Lenio Kaklea sur la pièce chorégraphique A Hand's turn

Nos gestes portent des récits que nous ignorons parfois nous-mêmes. Dans certaines sociétés, on n’a de visage que si l’on porte un masque, dans les démocraties occidentales contemporaines, c’est le contraire. Les individus n’acquièrent une identité qu’en gardant leurs visages découverts. Si la quête de transparence est devenue le coeur de nos sociétés et la forme la plus répandue de gouvernance, comment se fait-il que notre corps demeure pourtant opaque et mystérieux? 

Lenio Kaklea est en résidence aux Laboratoires d’Aubervilliers depuis janvier 2017. Elle y développe son projet qui, sous le titre d’Encyclopédie pratique, comprend la création d’une édition Encyclopédie pratique Portraits d’Aubervilliers et une pièce chorégraphique Portraits choisis qui est présentée aux Laboratoires du mercredi 7 au samedi 10 mars 2018. 

 

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Enfantillages outillés 
Un atelier sur la machine
Fanny Beguery & Adrien Malcor 
Éditions L’Arachnéen, 2016

Recueil illustré de 60 dessins et gravures d’enfants reproduits en couleur et issu de la collaboration en 2012 entre l’association d’éducation populaire Peuple et Culture de Corrèze et les deux artistes plasticiens, Fanny Beguery et Adrien Malcor. 

Dans le cadre d’une enquête artistique sur la géographie technique du Pays de Tulle, les deux artistes tentent d’approcher la représentation technique infantile grâce à des ateliers qu’ils mèneront auprès d’une quarantaine d’enfants, tous scolarisés en école primaire et maternelle de la région. La consigne de départ donnée aux enfants est “Dessine une machine, et essaie de montrer non pas seulement à quoi elle sert, mais comment elle fonctionne. Tu ne sais pas ? Alors imagine…”

La relative diversité des outils et pratiques révèle, chez les enfants, une diversité plus grande encore de gestes, de rapports à l’objet, à l’espace, au langage. Les pratiques et outils utilisés par les enfants pendant ces ateliers passent par le dessin, l’écriture, la photographie, la gravure et des jeux à la photocopieuse. Le recueil est construit de manière chronologique : les dessins de machines réelles ou imaginées par les enfants, parfois accompagnés de textes écrits par les enfants eux-mêmes, auxquels sont ensuite ajoutés des photos des différentes installations techniques de la région prises par les enfants. Les sessions de travail se sont conclus par la réalisation d’une linogravure collective, reproduite à la fin du livre. 

Dans le cadre de son séminaire Quelles autonomies ?, Josep Rafanell i Orra a convié les deux auteurs à venir partager le jeudi 22 février 2018 avec le public des Laboratoires leur expérience de création artistique avec des enfants, dans plusieurs écoles de la vallée de la Dordogne. Cette rencontre sera l’occasion d'évoquer Comment faire émerger des milieux, y compris dans un cadre scolaire, en traçant les ébauches d'une pensée écologique de l’enfance, d’un réenchantement des objets techniques, d'une exploration sensible du transindividuel face aux ravages de la rationalité capitaliste ?

 

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Brouillards toxiques  : Vallée de la Meuse, 1930, contre-enquête
Alexis Zimmer
Éditions Zones Sensibles, 2016

« L’air que nous respirons est chargé de poussières et de gaz toxiques, mais aussi d’histoires entremêlées et indémélables et nous n’en sentons que si peu. Puisse l’histoire qui suit nous apprendre, même un peu, à respirer autrement et à frayer les voies d’un monde plus respirable ».   
Alexis Zimmer

La première semaine de décembre 1930, un brouillard compact s'abat sur la vallée de la Meuse, non loin de Liège en Belgique, ôtant et contaminant lors de sa suspension les vies avoisinantes. Le brouillard se dissipant, les politiques publiques commandent une expertise à un collège de spécialistes. L'administration de l'hygiène et un certain Dr Lacombe déclare dès lors le phénomène météorologique comme seul responsable des victimes dites 
« prédisposées ». Hydrogène, Anhydre sulfureux, Acide sulfurique, Chlorhydrique, Acide fluorhydrique et ses sels, Fluorure ammoniac et fluorure de zine, Oxyde de carbone, Anhydre carbonique (etc.) sont autant de substances qui furent inhalées par les organismes peuplant la vallée, autant de poussières et de soufre (provenant de la combustion du charbon) relevés lors d'expertises postérieures.

Dans cet ouvrage, Alexis Zimmer, philosophe et biologiste, se livre à une contre enquête critique via un travail de recherche long confrontant les  conditions historiques, sociales et politiques qui ont permis à ce désastre climatique de survenir. Son travail de documentation dresse méthodiquement les limites du discours scientifique et confiné de l'expert sur cette catastrophe sanitaire et environnementale.

 

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Être forêts, habiter des territoires en lutte
Jean-Baptiste Vidalou
Éditions La Découverte, 2017

Les bois de Sivens, Notre-Dame-des-Landes, Bure, les Cévennes : habiter ces zones à défendre (ZAD) dans l’espoir de sortir d’un destin funeste dessiné par le monde de l’économie. C’est un autre rapport au monde qui s’y construit, en complète opposition avec la standardisation imposée par  les politiques d’aménagement des territoires. Loin de se concentrer sur des situations locales, ce livre illustre bien la portée mondiale de ces phénomènes de résistance. Des luttes s’organisent partout dans le monde comme au Mexique par exemple, où des paysans du Guerrero se battent depuis plus de 10 ans pour libérer leurs forêts des exploitants. L’auteur est allé à la rencontre de ces forêts et a donné la parole à ceux qui les défendent.

 

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La démocratie aux champs
Joëlle Zask
Éditions La Découverte, 2016

On décrirait la démocratie moderne comme venant des Lumières, des villes, pôles de développement économique et culturel et de ses habitants éduqués. A l'opposé de ce monde éclairé, les cultivateurs, de part leur travail de la terre, primitif et épuisant, seraient arriérés et réactionnaires : inaptes à l'exercice politique.

Des jardins communautaires new yorkais, aux mouvement des Paysans sans Terre ou encore aux jardins thérapeutiques des vétérans de guerre, Joëlle Zask démontre que l'agriculture est en réalité un lien entre les trop souvent opposés concepts de Nature et de Culture. La philosophe dévoile quelques pans oubliés de l'histoire officielle, qu'elle soit médiévale ou actuelle, où la culture de la terre a permis de développer des projets et organisations politiques ambitieusement démocratiques.

Au lieu de défaire les préjugés anciens avilissant le monde paysan, Joëlle Zask nous propose surtout de questionner à travers lui les valeurs démocratiques. Basées sur le soin des ressources, l'écoute et le respect du monde animal et végétal, la coopération et le partage entre les humains, ces organisations politiques rurales donnent des exemples de conduite durable au long terme en démocratie directe.

La Semeuse a invité la philosophe Joëlle Zask aux Laboratoires à débattre, 
à l’occasion d’une rencontre, sur l’appropriation et l’instrumentation des espaces publics avec le cas particulier de la place de la République.

 

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Les existences moindres
par David Lapoujade
Editions de Minuit, 2017

Toute création n’est-elle pas un plaidoyer en faveur des nouvelles existences qu’elle crée ? N’est-ce pas le problème de toutes existences, dès lors qu’elle sont privées du droit d’exister de telle ou telle manière ?

Cette interrogation parcours le livre de David Lapoujade, très bel essai qui, au croisement de l’existence, de l’art et du droit, porte sur un philosophe, Etienne Souriau (1892-1979), dont on parle peu à qui ont doit notamment une esthétique de la philosophie en tant qu’art par lequel chaque philosophie se pose et s’instaure elle-même avant de s’exercer dans un champ déterminé.

Le texte permet également de soulever la question que s’est posée Etienne Souriau, à savoir est-ce que toutes les entités (personnes, êtres virtuels, phénomènes, choses imaginaires) existent-elles de la même manière ?  Certaines existes elles d’autant plus qu’elles paraissent plus réelles ?

Avec Etienne Souriau, l'essai permet de souligner que toute chose, nous y compris, a une existence inachevée : tout est dans le demi jour. Reste à chacun de savoir comment il peut exister vraiment, pourquoi l’existence qui nous semble donnée n’est en fait jamais donnée, mais se conquiert pour devenir enfin réelle ?

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Z - Revue itinérante d’enquête et de critique sociale
N°11 Paris - Travail social - Automne 2017
Éditions Agone, 2017

Créé en 2008, Z - Revue itinérante d’enquête et de critique sociale est une publication collective annuelle abordant chaque année une nouvelle problématique liée à l’actualité et ancrée dans un territoire spécifique investi pour l’occasion, tel Sexisme et solidarités féministes à Marseille (Z10), Start-up, high-tech et Silicon Valley à Toulouse (Z9) ou encore Héritage des luttes des quartiers populaires à Vénissieux (Z8). Au gré des sujets et investigations menées par les contributeurs, la revue s’installe pour un temps donné sur un territoire en vue de nouer des liens concrets avec la population et de donner la parole aux protagonistes sous la forme de témoignages, journaux de bord, entretiens, reportages, etc.

Pour ce 11ème numéro, Z s’est établie près de la Porte de la Chapelle, dans et autour du nouveau centre d’hébergement des réfugié.e.s, improprement appelé « humanitaire », pour questionner la politique d’inhospitalité de la France.

Tandis que chaque numéro ouvre ses colonnes aux acteurs qui oeuvrent sur le terrain souvent de manière anonyme, ce N°11 / Paris Travail Social rassemble des contributions mêlant enseignants, éducateurs spécialisés, militants, bénévoles d’association de soutiens et de maraudes parisiennes, etc. Articulé en 4 grands thèmes - le Temps des campements, la Voix de la rue, l’Industrie du social et les Autonomies précaires - et riche de textes retraçant l’histoire de ces politiques publiques, d’enquêtes et d’entretiens, ce numéro tente de décrypter la politique française face à l’immigration et pose « à nouveau frais la question lancée en 1974 par des travailleurs sociaux en lutte : "Qui servons-nous ?" ».

 

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René Vautier en Algérie 
(coffret DVD à consulter sur place)
Éditions Les Mutins de Pangée, 2016

Ce coffret de 4 DVD rassemble 15 films et entretiens du réalisateur René Vautier, dont l'un des plus emblématiques est celui réalisé sur la guerre d'Algérie en 1972. Avoir 20 ans dans les Aurès, un des rares films de fiction du réalisateur, est proposé ici dans une version restaurée. Il est aussi augmenté d'un livret de 28 pages comprenant un entretien avec René Vautier et un texte de Marie Chominot "René Vautier, L'Algérie en coeur".

René Vautier, militant anti-colonialiste, a su utiliser le cinéma comme outil de réflexion dans la lutte pour l’indépendance algérienne et contre l’armée coloniale française en Afrique. Il filme au plus près les atrocités de la guerre d’indépendance, en étant le seul à poser un regard empathique sur les maquis algériens dont il capte le quotidien. 

Peu après l’indépendance, il crée le Centre Audiovisuel d’Alger puis met en place et développe les ciné-Pops en Algérie. Il s’agit d’un véritable cinéma ambulant, installé en plein air, qui a pour objectif de mettre "l’image et le son à disposition de celles et ceux à qui les pouvoirs les refusent". 

Plus tard, en 1967, il rejoint le groupe Medvedkine, expérience de cinéma militant, formée auprès du réalisateur Chris Marker dans le cadre des mouvements sociaux de la même année, afin de montrer les luttes syndicales dans les usines de la région de Sochaux et Besançon notamment.

René Vautier est le cinéaste le plus censuré de l’histoire du cinéma français, celle-ci ayant en effet touché la quasi totalité de son oeuvre. Il a cependant reçu le prix international de la critique du festival de Cannes en 1972 pour son film Avoir 20 ans dans les Aurès. Mort en janvier 2015, il aurait réalisé quelques 180 films, la plupart ayant disparus dans les évènements de l’histoire dont il a été l’un des témoins essentiels, et probablement à cause de la censure.

 

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How to become a lesbian #0
par The Cheapest University
Presses Donna Quixote, 2016

Éditée par DQ Press, maison d’édition universitaire fondée par les membres de The Cheapest University, université expérimentale et gratuite, le numéro #0 de la revue How to become a lesbian résulte d’un workshop du même nom mené par Sabrina Soyer en 2016. Publication dont le format la situe entre le fanzine et la revue d’artiste, How to become a lesbian. Une revue bilingue - For fork tongued folk articule textes en français/anglais et propositions visuelles autour d’un texte. Pour ce numéro #0, un extrait de INFERNO (a poet’s novel) de Eileen Myles a été traduit par Emilie Noteris et Sabrina Soyer. Autour de cet extrait s’articulent les contributions d’artistes et d’auteurs, entre expériences poétiques et littéraires, autour des « formats de l’écriture en lien avec la “carrière de l’artiste” ». Ce numéro tente de poser face à face questions et formes qui entourent nos carrières d’artistes. 

Avec les contributions de Polly Wall / Sabrina Tarasoff / Sam Basu / Hélène Baril / Blanche Denarnaud / François Lancien-Guilberteau / Eileen Myles (trad. Emilie Noteris & sabrina soyer) / Louise Sartor / Ian Breakwell (trad. Alicia Vaisse) / Jérémie Gaulin / Maxime Bichon / Giles Eldridge / Éric Stephany…

 

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Pour une histoire naturelle du don
par François Athané
PUF, coll. Pratiques théoriques, 2011

François Athané propose une réflexion sur le don et plus largement sur la notion de transfert à partir d’un classique de la littérature de science sociales, Essai sur le don de Marcel Mauss, publié en 1937. En s’appuyant sur le contexte historique, politique et les sources utilisées par Marcel Mauss, le philosophe s’applique à éclaircir, en les différenciant, les notions de don, d'échange, de dettes ou d’intérêts, termes dont la confusion dans l’interprétation a pu contribuer aux malentendus et interprétations contradictoires de l’oeuvre de Mauss.

A cet effet, il s’attache particulièrement aux différents travaux de recherche effectués sur le don par des auteurs comme Claude Levi-Strauss, Pierre Bourdieu, René Maunier, Claude Lefort et Jacques Derrida. Il déploie sa réflexion autour de la théorie émise par l’anthropologue Alain Testart selon laquelle le don fait partie d’une forme possible de transfert de propriété, au même titre que l’échange, ou de ce qu’il nomme le transfert du troisième type (T3T) comme l’impôt ou la taxe, par exemple. Il ajoute, à cette théorie, un quatrième type de transfert qu’il nomme la prédation. L’auteur, enfin, souligne l’universalité du don dans l’espèce humaine et son caractère vital pour le genre humain.

François Athané est intervenu aux Laboratoires d’Aubervilliers dans le cadre du deuxième atelier de lecture du Printemps des Laboratoires #6 “Endetter et Punir”, le 16 novembre 2017. Il y a présenté son texte Penser la dette avec Alain Testart. I- L'esclavage comme statut. II- Esclave du sexe ?, publié le 3 novembre 2016 sur le site « Implications Philosophiques. Espace de recherche et de diffusion ». Il s'agit d'une communication qui avait été prononcée le 19 février 2016 à l'Ehess. 

 

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Roms & riverains: une politique municipale de la race
par Éric Fassin, Carine Fouteau, Serge Guichard, Aurélie Windels
La fabrique éditions, 2016

« Ce livre montre comment l’Etat français, empêché par ses propres lois de traiter les Roms, citoyens européens, comme il traite les sans papiers tunisiens ou maliens, délégue aux municipalités la tâche de démolir les camps et de chasser leurs habitants. Il montre comment, pour ce faire, maires et adjoints s’appuient sur un réel ras-le-bol des riverains. Il montre aussi, circulant comme des fantômes, les enfants roms, par terre avec leur mère sur un carton rue du Temple ou cheminant dans la nuit sur le bord de la nationale pour gagner l’école d’une commune éloignée qui accepte de les recevoir. Un livre pour voir ce que nous avons chaque jour sous les yeux ». 

L'ouvrage collectif s’attache en somme à montrer l’impact des politiques publiques sur le quotidien de la population Rom en France, à travers les analyses d’Éric Fassin (enseignant à Paris 8 en Sciences politiques), de Carine Fouteau (journaliste à Mediapart), de Serge Guichard (militant et membre fondateur de l’Association de solidarité en Essonne avec les familles roumaines roms) et d’Aurélie Windels (journaliste et coordinatrice du collectif Cette France-là).

 

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Mon corps, ce bouddhiste
par Deborah Hay,
traduit de l'américain par Laurent Pichaud et Lucie Perineau.
les presses du réel, 2017

Livre témoignage du quotidien de la chorégraphe Déborah Hay au sein duquel elle liste notamment « les enseignements reçus de son corps, ce
« maître » auprès duquel elle se met au travail depuis plus de trente ans.
Mon corps, ce bouddhiste, paru aux Etats Unis en 2000 est à la fois un témoignage sur le quotidien de la chorégraphe-danseuse, un recueil de textes partitionnels et un espace de réflexion sur sa pratique. Cet ouvrage fait également le point, de manière plus programmatique sur les concepts et les prises de position qui servent de moteur à ses expérimentations ».

Laurent Pichaud, co-traducteur de cet ouvrage, réalise actuellement une recherche sur le travail et les créations de la danseuse et chorégraphe américaine. Il avait été accueilli aux Laboratoires d'Aubervilliers, entre février et mars 2017, pour un cycle de travail avec ses étudiants de Paris 8 qui, sous le titre Performer la recherche : cinq séances sur Déborah Hay, comportait des temps ouvert au public. 

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Archive pour une oeuvre-évènement - Projet d’activation de la mémoire corporelle d’une trajectoire artistique et son contexte
par Suely Rolnik
Carta Blanca Éditions, 2011

Publié par Carta Blanca Éditions, ce coffret de 10 dvd regroupe 20 des 65 entretiens collectés par la psychanalyste et critique d’art Suely Rolnik au cours de son projet de recherche « Archive pour une oeuvre-événement » qui porte sur les expérimentations corporelles tel « Structuration du Self » de l’artiste Lygia Clark. Ce « Projet d’activation de la mémoire corporelle d’une trajectoire artistique et son contexte » rend compte par la parole de ses participants ou témoins de la dimension thérapeutique et esthétique des projets menés par l’artiste à partir de 1962 au Brésil ou en France. 

Cet objet a par ailleurs été présenté aux Laboratoires d'Aubervilliers en 2012 à l’occasion d’une rencontre publique entre Jennifer Lacey ― alors en résidence pour le projet « I heart Lygia Clark » ― et Suely Rolnik. Une boîte d’archives articulée autour des « Soins aesthétiques » et directement inspirée de l’oeuvre de l’artiste brésilienne est également consultable sur place, aux Laboratoires d'Aubervilliers.

 

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Flore des friches urbaines
par Audrey Muratet, Myr Muratet et Marie Pelaton
Editions Xavier Barral, juin 2017

Les auteurs de l'ouvrage ont arpenté les espaces délaissés du nord de la France et des régions voisines. Cette publication prend la forme d'un guide et propose trois accès à l’identification de la flore spontanée des friches urbaines. La première se fait par le type de végétation auquel appartient la plante, la seconde en parcourant les 258 fiches-espèces ordonnées par famille et, enfin, la troisième grâce à la clé de détermination illustrée à la fin de l’ouvrage.

L'ouvrage s'attache à recenser les plantes et végétations découvertes dans les interstices minérales, en milieu pionnier sans aucune perturbation humaine, dans les zones franches de la ville maintenue par une gestion anthropique, et sur les berges et les zones humides. Il indique également les caractéristiques de chacunes de ces plantes, leur évolution et transformation dans le temps vis-à-vis des espaces investis.

Audrey et Myr Muratet ont par ailleurs été invités par La Semeuse à venir échanger autour de leur publication avec l'artiste François Génot, lors de l'ouverture de la résidence de ce dernier à La Semeuse.

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Changement à vue
par Jean-Christophe Bailly et Alexandre Chemetoff
Editions Arléa, 2015

Invités à échanger autour d’une nouvelle approche du paysage par la Cité de l’Architecture en 2012, l’écrivain, poète et dramaturge Jean-Christophe Bailly et le paysagiste, urbaniste et architecte Alexandre Chemetoff ont choisi l’exploration de la Plaine Achille à St Etienne et de son ancienne Manufacture d’armement comme matière à cette conférence. L'ouvrage est le fruit de leur rencontre et collaboration.

Il s’agit d’un texte passionnant qui, sous forme d'une pérégrination illustrée, d’un carnet de bord documenté, propose une lecture philosophique de la transformation et de la fidélité à l’esprit des lieux qu’ils ont traversés.

Le terme « changement à vue » est un terme issu du théâtre qui signifie « un changement de décor effectué rapidement sous le regard du public », il est ici utilisé avec l’intention de souligner ces passages d’un état à un autre produit à la vue de tous.

 

 

 

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