Partager

 
 
 
 

 

LA SEMEUSE /
Lieu de rencontre pour la biodiversité en ville

 

L’œuvre ouverte de Majetica Potrč créée en 2010 aux Laboratoires d’Aubervilliers s’articule aujourd’hui autour du jardin, d’une grainothèque, d’une AMAP (Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne) mais aussi d’ateliers, de rencontres, de débats, d’explorations et de déambulations autour des questions liées à la biodiversité urbaine.

Situé 41 rue Lecuyer, à la frontière entre Aubervilliers, Pantin et Paris, ce lieu de rencontres se construit en collaboration avec des collectifs, associations, artistes ou habitants afin de faire éclore des idées audacieuses pour développer le mieux vivre et investir l’espace citadin.

En alliant recherche et pratique, La Semeuse se déploie telle une école buissonnière où toutes les expérimentations sont possibles pour mieux comprendre la vie qui pousse dans les interstices de la ville.

Le Jardin : Inauguré en avril 2012, le jardin est ouvert aux habitants d’Aubervilliers. Il est constitué d’une parcelle de terrain, d’une pergola avec tables et bancs et de plantations en bacs. La végétation actuelle résulte des mises en commun des jardiniers d’Aubervilliers et des ateliers tenus au cours des années précédentes. Dans la dynamique de son appropriation par les habitants, formes, plantes et techniques de plantations sont vouées à évoluer, grâce aux conseils et savoirs de tous. Espace convivial et de rencontre, le jardin est ouvert du lundi au vendredi de 11h à 18h et le weekend selon les ouvertures publics.

La Grainothèque, troc de graines échanges et partages : Dans une attention à revaloriser le geste du troc de graines, La Semeuse travaille à devenir un lieu d’information et de réflexion sur les problématiques actuelles des graines génétiquement modifiées. Elle œuvre par ailleurs à mettre en place un réseau de troqueurs en île-de-France afin de favoriser l’échange des graines, des plantes et d’expériences. Des temps de réflexions et des ateliers sont programmés sur les questions de la graine, de la plantation mais aussi de la nourriture, en s’appuyant sur les savoir-faire de chacun et en particulier des acteurs du quotidien d’Aubervilliers.
Le Centre de Développement de la Déambulation Urbaine : Le CDDU est un espace d’exploration documenté par des spécialistes indisciplinés qui vont à travers une balade faire une conférence animé et déambulatoire dans la ville d’Aubervilliers. Ces balades sont, de part leur connexion avec le territoire, développé en lien avec La Semeuse.

L’Association pour le Maintien d’Agriculture Paysanne : Une AMAP est un groupe de citoyen.e.s qui finance une partie de la production d’un agriculteur en dehors des circuits habituels. Être membre d’une AMAP signifie quitter sont rôle de consommateur pour devenir acteur d’une autre économie. Une AMAP est aussi une démarche écologique qui, en se procurant des légumes à proximité, réduit les transports et élimine les emballages plastique. La Semeuse pour toutes ces raisons a décidé de créer sa propre AMAP afin de rendre accessible aux habitants proches des Laboratoires cette forme d’accès aux produits de la terre et de les sensibiliser à certaines formes d’engagements citoyens et éc

Les ateliers et les discussions de La Semeuse : La Semeuse offre un espace de débat public une fois par mois en constituant un groupe de recherche hybride sur une saison. L’occasion de construire une nouvelle pensée et d’échanger autour de projets artistiques, de réalisations d’aménagements alternatifs, de propositions d’urbanisme écologique ou d’autres formes de réponse aux problématiques urbaines actuelles. Ces ateliers sont proposés tout au long de l’année à tous les publics, où l’aspect de sensibilisation est essentiellement mobilisé afin d’oeuvrer à l’éducation aux questions environnementales contemporaines.

 

Dix ans après sa création, La Semeuse poursuit donc ses actions à la fois locales et internationales, cherchant toujours un va-et-vient à l’écoute de l’histoire des migrations qui ont fait l’histoire d’Aubervilliers et du quartier des Quatre-Chemins.

Et en effet, La Semeuse est un lieu qui questionne également les migrations des plantes au travers de l’histoire coloniale et post-coloniale. Qu’a-t-on planté à Aubervilliers ? Que plante-t-on aujourd’hui à Aubervilliers ? Qu’est-ce que la Semeuse peut replanter, apporter, introduire qui corresponde aux savoirs des habitants de la commune ? Quels échanges de pratiques et savoirs peut-on initier aux Laboratoires qui fassent écho à l’histoire de ses habitants, ravivant les savoirs en perte de transmission ?

Pour la période 2019/2021, La Semeuse va donc développer une recherche artistique autour de la question des savoir-faire ancestraux liés aux plantes. En effet les peuples entretiennent des liens symbiotiques et mutuellement constitutifs avec leurs territoires et des savoir faire ancestraux. Cet attachement est non seulement lié à la terre, mais aussi spirituel et symbolique. Cultures, traditions, coutumes et littéralement les vies dépendent des territoires dans lesquels ils sont inscrits. Les communautés autochtones ne définissent pas les liens entre nature et culture de la même manière que les sociétés modernes : elles ne se considèrent pas comme
« maîtres et possesseurs » ou « propriétaires » des terres, mais elles fabriquent et entretiennent des liens de réciprocité et d’interdépendance avec elles. A ce titre elles ont été souvent présentées comme détentrices expérimentées d’un savoir-vivre durable et écologique.

Face à la globalisation des savoirs et des pratiques de la médecine occidentales, les stratégies de patrimonialisation peuvent devenir un instrument de revendication des droits culturels et de soutien des spécificités locales. En même temps, le processus de patrimonialisation dans sa dimension métaculturelle aspire à une reconnaissance internationale du fait des déplacements des communautés et donc de leur pratiques et savoir faire avec elles. Des aspects précis des héritages locaux comme la médecine, la spiritualité, l’alimentation, les récits, les rituels, croyances, et les traditions se transforment et s’hybrides au gré des mobilités transnationales. La translocalité de ces savoirs et pratiques amène à penser la polysémie des rapports culturels qui sont aujourd’hui au croisement de plusieurs mondes et être mondes.

 

 

Images : Jardin de La Semeuse, mai 2020
© Camille Gigot

 

 

_________________________

La Semeuse bénéficie du soutien de la Région Île-de-France, de Plaine Commune et de la Ville d’Aubervilliers.

Nous tenons à remercier les personnes qui nous ont aidé en donnant de leur temps et de leur enthousiasme pour faire vivre ce projet et particulièrement à Valérie Lessertisseur, l’association Auberfabrik  (Sylvie Napolitano, Valérie Truong et David Caubère), Alain Chapel des Petits prés verts (Aubervilliers), Yassine Elkherfih du collectif ya+k, Tibo Labat, Morgan Blanc, Louise Lefebvre et Vincent Confortini ( Bloc Paysage), les Jardins ouvriers des Vertus (Aubervilliers), les Bois de Senteur (Aubervilliers), la Crèche Lécuyer (Aubervilliers),  l’ALJ93, l’ADEF, la cité des Fusains (Rivp), la boutique de quartier Paul Bert, les services de la vie associative, de la démocratie locale, de l’économie sociale et solidaire et des espaces verts d’Aubervilliers et de Plaine Commune, Lapeyre.

 

ARF