• performance
  • expérience perceptive




 


Myriam Lefkowitz arrive au terme de sa deuxième année de résidence pendant laquelle elle a menée une recherche autour de l’émergence de nouveaux régimes d'attention générés par l’expérience de dispositifs immersifs, conçus pour un spectateur et un performeur.

Le projet Walks, Hands, Eyes (a city), développé depuis 2008, est une expérience pour un spectateur et un guide, qui au cours d’une balade silencieuse d'une heure dans une ville, tissent une relation particulière entre marcher, voir et toucher. Depuis les nombreuses balades engagées dans plusieurs villes du monde (New-York, Vilnus, Venise, Brno, Buenos Aires...) une forme d’existence inédite de la ville a émergée, au-delà de sa fonctionnalité habituelle et de ses usages réglés.

Et sait-on jamais, dans une obscurité pareille
, est un projet développé aux Laboratoires d'Aubervilliers. Il s’adresse également à un seul spectateur à la fois, reposant cette fois-ci sur l’expérience d’un corps immobile plongé dans le noir, mis en mouvement par le toucher et l’espace sonore qui se déploie avec et autour de lui par un performeur. Basé sur un principe de raréfaction des stimulations sensorielles, ce dispositif insiste sur la fiction de corps et d'espace qui se noue à partir de presque rien.

Tandis que ces deux années lui ont permis de développer et d’activer régulièrement les deux dispositifs décrits ci-dessus, Myriam Lefkowitz conclut ce temps de résidence par deux importantes formes publiques.

D’une part, la publication de Walk, Hands, Eyes (a city), co-édité par Les Laboratoires d’Aubervilliers et les Beaux-Arts de Paris. Via des textes de l’artiste et de ses invités, le livre qualifie la géographie, les enjeux et la nature que l’expérience perceptive de la balade, au titre éponyme, recompose. En effet intéressée par le panel considérable d’images et de récits que produisait l’expérience de son dispositif de circulation aveugle dans la ville, Myriam Lefkowitz a cousu, avec toute la subtilité qui caractérise sa pratique, un texte à partir des témoignages collectés des spectateurs et en a convié certains à faire le point sur certaines problématiques particulières.
Avec les contributions de Myriam Lefkowitz, Esther Salmona, Sophie Houdart, Yaël Kreplak, Clément Morier, Valentina Desideri, Valérie Pihet et Mathilde Villeneuve.

D’autre part, l’ouverture publique de La Piscine, projet mûri au cours de ces deux années de résidence, qui accueille et active des pratiques ayant en commun de s’adresser à un spectateur unique et de s’infiltrer pendant six jours dans les activités de la piscine Leclerc à Pantin. La Piscine peut être considérée comme une étape importante dans les recherches de Myriam Lefkowitz concernant l’ouverture à de nouveaux régimes d'attention mais aussi dans son souci de co-construire ce travail en lien avec des artistes qui partagent ses préoccupations et interrogations.
Avec Myriam Lefkowitz, Valentina Desideri, Jean-Philippe Derail, Ben Evans, Alkis Hadjiandreou, Julie Laporte et Géraldine Longueville Geffriaud










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photo : Projet non réalisé de bains publics à l’angle des rue Victor-Hugo et Florian à Pantin. 1890 © archives municipales de Pantin







Avec le soutien d'Est Ensemble, de la FNAGP
et du
Département de la Seine-Saint-Denis




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